Technologie & Électrique

« On gèle tout aux États-Unis » : ce fabricant de batteries stoppe net ses projets et provoque un séisme industriel

Yohan Baudry Par Yohan Baudry
4 min de lecture
« On gèle tout aux États-Unis » : ce fabricant de batteries stoppe net ses projets et provoque un séisme industriel
Illustration de la suspension des projets de construction d'usines de batteries d'AESC aux États-Unis
EN BREF
  • AESC suspend la construction de deux usines de batteries aux États-Unis en raison de tarifs d’importation élevés.
  • L’entreprise avait prévu d’investir 3,6 milliards d’euros dans ces installations, mais les coûts ont augmenté.
  • Le ralentissement de la demande de véhicules électriques aux États-Unis complique les projets d’expansion d’AESC.
  • AESC se réoriente vers la production de solutions énergétiques industrielles pour générer des revenus supplémentaires.

Le secteur des véhicules électriques (VE) aux États-Unis traverse une période de turbulences, notamment en ce qui concerne la production de batteries. Automotive Energy Supply Corp. (AESC), un constructeur de batteries détenu par des intérêts chinois, avait de grands projets pour renforcer la chaîne d’approvisionnement en batteries VE dans le pays. Cependant, des obstacles économiques et politiques ont conduit l’entreprise à suspendre temporairement la construction de deux de ses usines prévues, ce qui soulève des questions sur l’avenir de la production de batteries VE aux États-Unis.

Les ambitions initiales d’AESC

AESC avait initialement prévu d’investir 3,6 milliards d’euros dans la construction de deux nouvelles usines de batteries dans le Kentucky et en Caroline du Sud. Ces installations visaient à répondre à la demande croissante de batteries pour véhicules électriques, un secteur alors en plein essor. Les investissements massifs prévus par AESC témoignaient de la confiance dans le marché américain des VE. Cette expansion devait non seulement accroître la capacité de production de l’entreprise, mais aussi créer des milliers d’emplois dans ces régions.

Malgré les ambitions élevées,les plans d’AESC ont été entravés par des facteurs externes. Les tarifs d’importation imposés sur les machines en provenance de Chine, atteignant un taux exorbitant de 145 %, ont sérieusement affecté le coût de construction des usines. La hausse des coûts a contraint l’entreprise à revoir ses projets et à mettre en pause ses ambitions d’expansion.

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Les défis économiques et politiques

Le marché des véhicules électriques aux États-Unis a récemment connu un ralentissement, influencé par des changements de politique et une demande moins forte qu’anticipée. Les fluctuations du marché ont obligé AESC à ajuster ses plans de production pour s’adapter aux nouvelles réalités économiques.La révision des normes d’émission et des objectifs environnementaux a également freiné l’enthousiasme pour l’expansion de la chaîne d’approvisionnement des VE.

En parallèle, le projet de suppression du crédit d’impôt fédéral pour les VE par l’administration Trump a réduit l’attrait des véhicules électriques pour les consommateurs américains. Cette mesure, combinée aux tarifs d’importation élevés, a créé un environnement difficile pour les entreprises cherchant à investir dans la production de batteries VE aux États-Unis.

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Reconversion et stratégies alternatives

Face à ces défis, AESC a choisi de réorienter sa production existante. L’usine de Tennessee, initialement destinée à la fabrication de batteries VE, a été convertie pour produire des solutions énergétiques industrielles. Ce pivot stratégique permet à l’entreprise de générer des revenus supplémentaires tout en maintenant une certaine activité industrielle sur le sol américain.

En outre, AESC explore des options de financement alternatives pour poursuivre ses projets. Selon le Wall Street Journal, l’entreprise envisage d’obtenir un prêt pour achever la construction de l’usine de Caroline du Sud. Cette usine devrait fournir des batteries pour l’usine de Smyrna de BMW, où la production de VE doit commencer l’année prochaine. Ces efforts soulignent l’engagement d’AESC à moyen terme pour maintenir une présence industrielle aux États-Unis.

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Impact sur l’emploi et le paysage industriel

L’arrêt des projets de construction d’AESC a des répercussions significatives sur le marché de l’emploi manufacturier aux États-Unis. Le Washington Post a rapporté que 6 milliards d’euros de projets de fabrication de batteries ont été annulés au cours des premiers mois de 2025. Cela contraste fortement avec la rhétorique politique qui prône le retour des emplois manufacturiers sur le sol américain.

Le sénateur de l’Oregon Ron Wyden a exprimé ses préoccupations lors d’une conférence de presse, soulignant que des centaines de milliers d’emplois manufacturiers sont en péril.Cette situation met en lumière les défis auxquels le secteur est confrontéet soulève des questions sur l’efficacité des politiques actuelles pour stimuler la production et l’emploi dans le secteur des VE.

Alors que l’industrie des véhicules électriques aux États-Unis cherche à se stabiliser, l’avenir de la production de batteries reste incertain. Les entreprises comme AESC doivent naviguer dans un paysage complexe de défis économiques et politiques pour maintenir leur engagement envers l’innovation et l’emploi. Comment les décideurs politiques et les entreprises peuvent-ils collaborer pour surmonter ces obstacles et promouvoir une croissance durable dans le secteur des VE?

L’auteur s’est appuyé sur l’intelligence artificielle pour enrichir cet article.
Yohan Baudry

Modèles, technologie et culture BMW

Yohan Baudry

Yohan Baudry vient de l'électrotechnique : il a installé des bornes de recharge en entreprise pendant quatre ans avant d'écrire sur les voitures qui s'y branchent. Il traite la technologie, l'électrique, les guides pratiques et les accessoires, en vérifiant les chiffres d'autonomie sur ses propres trajets. Il habite dans la Sarthe et fait du trail le dimanche matin.