Technologie & Électrique

« Elon Musk garde un œil sur cette start-up » qui transforme les vieilles voitures en électriques à grande échelle

Yohan Baudry Par Yohan Baudry
4 min de lecture
« Elon Musk garde un œil sur cette start-up » qui transforme les vieilles voitures en électriques à grande échelle
Illustration de la transformation d'une Renault Twingo classique en véhicule électrique moderne
EN BREF
  • Lormauto, pionnière du rétrofit électrique, a dû fermer malgré une proposition alléchante et des tarifs compétitifs.
  • L’entreprise a démontré un savoir-faire technique impressionnant avec une capacité de production de 3000 véhicules par an.
  • Les promesses de financement de 2 millions d’euros n’ont pas suffi à surmonter les coûts élevés et la concurrence croissante.
  • Le rétrofit électrique offre un potentiel écologique significatif, réduisant les émissions de CO2 de 66% par rapport à la fabrication de nouveaux véhicules.

Le concept de rétrofit électrique, qui transforme les véhicules thermiques en électriques, promettait une solution innovante dans le cadre de la transition énergétique. Cependant, la fermeture de Lormauto, une entreprise pionnière dans ce domaine, suscite des interrogations sur la viabilité économique de ce modèle. Comment une entreprise, autrefois célébrée pour ses innovations au Mondial de l’Automobile 2022, a-t-elle pu échouer à maintenir son activité? Cette situation met en lumière les défis complexes de ce secteur en pleine émergence, et invite à une réflexion profonde sur les conditions nécessaires pour réussir dans le rétrofit électrique.

Lormauto: l’ambition brisée d’une transformation électrique accessible

Fondée en 2020, Lormauto s’était positionnée comme pionnière dans le rétrofit de la première génération de Renault Twingo. Elle proposait de transformer cette citadine populaire, produite entre 1992 et 2007, en un véhicule 100% électrique pour un prix de départ de 12 500 euros après aides gouvernementales. Ce tarif compétitif visait à rendre le rétrofit accessible à un large public, dans un marché où les véhicules électriques neufs sont encore coûteux.

Lormauto avait développé une solution technique permettant de remplacer le moteur thermique par un groupe motopropulseur électrique, tout en conservant l’essence du véhicule d’origine. Cette approche tirait parti d’un modèle connu et apprécié pour sa maniabilité en milieu urbain, tout en utilisant une base roulante déjà amortie. La promesse d’une voiture électrique abordable et respectueuse de l’environnement semblait alors à portée de main.

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Des réalisations techniques impressionnantes malgré l’échec commercial

Avant sa fermeture, Lormauto avait démontré un véritable savoir-faire technique. Elle avait conçu et homologué des véhicules électrifiés répondant aux besoins d’une clientèle diversifiée, et mis en place une usine capable de produire 3000 véhicules par an. De plus, l’entreprise avait développé une plateforme d’électrification optimisée pour les petits véhicules, avec plusieurs centaines de commandes enregistrées malgré une notoriété limitée.

Cette réussite technique soulignait une certaine souveraineté industrielle dans un secteur de niche, privilégiant la seconde vie des véhicules plutôt que leur remplacement systématique. Cette vision, en phase avec les objectifs de réduction de l’empreinte carbone du parc automobile français, prouve que le rétrofit électrique avait un potentiel réel, même si les défis économiques restaient importants.

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Les causes d’un échec: financement insuffisant et marché encore immature

Le 19 mai 2025, Franck Lefèvre, co-fondateur de Lormauto, a annoncé la fermeture de l’entreprise. Malgré des promesses initiales de financement d’environ 2 millions d’euros de Bpifrance et du ministère de l’Industrie, les conditions ont changé en cours de route, laissant l’entreprise sans les ressources nécessaires pour poursuivre son activité.

Ce revers souligne les difficultés des acteurs du rétrofit électrique, pris entre des coûts de développement élevés, une concurrence accrue des véhicules électriques neufs dont les prix baissent, un cadre réglementaire complexe, et une demande du marché hésitante. Les obstacles rencontrés par Lormauto révèlent les faiblesses structurelles de ce secteur, encore en quête d’un modèle économique durable.

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Quel avenir pour le rétrofit électrique en France?

L’échec de Lormauto ne marque pas nécessairement la fin du rétrofit électrique en France. D’autres entreprises comme R-FIT ou Transition-One poursuivent leurs activités, principalement dans des segments de niche ou des modèles haut de gamme. Pour que ce secteur décolle, il semble nécessaire d’avoir un soutien public cohérent, des procédures d’homologation simplifiées et une meilleure sensibilisation aux avantages environnementaux du rétrofit.

L’intérêt écologique du rétrofit est indéniable: transformer un véhicule existant génère environ 66% moins d’émissions de CO2 que la fabrication d’un véhicule neuf, même électrique. Franck Lefèvre continue de défendre cette vision, affirmant que le « combat continue » malgré la fermeture de l’entreprise. Le défi est désormais de faire coïncider ambition environnementale et réalité économique.

Alors que le rétrofit électrique se heurte à des obstacles financiers et réglementaires, le potentiel écologique et économique de cette solution ne peut être ignoré. La question reste de savoir si les conditions nécessaires seront réunies pour permettre à cette industrie de s’épanouir véritablement. Quel rôle les pouvoirs publics et les acteurs privés joueront-ils pour faciliter cette transition vers un rétrofit accessible et durable?

L’auteur s’est appuyé sur l’intelligence artificielle pour enrichir cet article.
Yohan Baudry

Modèles, technologie et culture BMW

Yohan Baudry

Yohan Baudry vient de l'électrotechnique : il a installé des bornes de recharge en entreprise pendant quatre ans avant d'écrire sur les voitures qui s'y branchent. Il traite la technologie, l'électrique, les guides pratiques et les accessoires, en vérifiant les chiffres d'autonomie sur ses propres trajets. Il habite dans la Sarthe et fait du trail le dimanche matin.