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Le constructeur BMW frappé par une grève importante

Le siège du site BMW de Leipzig en 2006. Crédits photo : Grombo, Wikimedia Commons
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Les mouvements sociaux peuvent atteindre n’importe quelle entreprise ou fonction publique. BMW et Audi n’en sont pas à l’abri, comme en témoigne la grève actuellement en cours. Pourtant, l’Allemagne n’est pas le pays le plus coutumier en la matière. Analysons donc les causes de cette actualité inattendue.

Une grève étendue

L’Allemagne fait office, en Europe, de géant économique. Ses exportations sont nombreuses. À la base de ce succès marchand : l’industrie allemande. Or, celle-ci connaît cette semaine une série de grèves à travers le pays. Les constructeurs de voitures ne sont pas épargnés, à l’instar d’Audi et BMW. C’est ainsi l’un des fleurons industriels allemands qui est touché.

À la racine du mouvement social, nous trouvons principalement IG Metall, un syndicat. Ses revendications concernent avant tout le temps de travail et la rémunération des salariés. La mobilisation a été particulièrement suivie par les travailleurs de nuit de BMW dans trois usines différentes : Ratisbonne, Landshut et Dingolfing. Le site bavarois d’Audi à Ingolstadt a agi de la même façon. Cette vidéo nous montre l’usine BMW Motorrad à Berlin en 2014 :

Ces actions prennent place dans un contexte de fin de la crise économique mondiale commencée en 2008. En effet, l’économie de l’Allemagne semble de nouveau radieuse. Le chômage est au plus bas, comme au Royaume-Uni. Les syndicalistes d’IG Metall profitent donc de la situation pour reléguer aux oubliettes les politiques d’austérité. Une hausse de 6 % des salaires en 2018 est réclamée pour les ouvriers. Il y a aussi le désir d’un temps de travail réduit pour divers cas particuliers.

Quelles conséquences pour BMW ?

Il est encore trop tôt pour connaître les conséquences de cette action sur la santé de BMW. D’ailleurs, la mobilisation n’est toujours pas terminée. Les augmentations salariales de 2 % proposées par les grands groupes sont trois fois intérieures aux revendications syndicales. Une prime de 200 € par travailleur, mise sur le tapis, ne semble pas faire mouche non plus pour l’instant. C’est en revanche un véritable dialogue de sourds en ce qui concerne le temps de travail. Heureusement, des délégués ont été désignés en commun jeudi spécialement pour discuter de cette question.

Les grèves n’étant pas très courantes en Allemagne, le mouvement en cours est d’autant plus marquant. On se rendra compte de son importance en donnant simplement des chiffres. Ce sont en effet plus de 160 000 salariés du secteur secondaire qui ont cessé de travailler à l’instigation du syndicat IG Metall. Ce dernier a beaucoup d’influence dans les domaines métallurgiques et électrotechniques.

Le siège de BMW en Allemagne, le 19 août 2006. Crédits photo : Softeis, Wikimedia Commons

Si les pourparlers actuels ne donnent rien, les équipes de jour pourraient elles aussi faire grève en plus de celles de nuit. Dans cette éventualité, les pertes pour BMW seraient encore plus importantes. Les entreprises n’ont pas intérêt à ce que la grève dure, sans quoi leur production prendrait du retard. Il leur faut ménager la chèvre et le chou afin de ne pas mettre à mal leur compétitivité, en sachant que la délocalisation semble impossible pour le segment automobile premium. Les négociations ont toujours lieu province par province. Affaire à suivre !

Philippe
3 est le chiffre parfait par excellence… Sans surprise, nous trouvons 3 lettres dans BMW !

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